samedi 3 décembre 2016

http://istmos.tumblr.com/post/153777874304/dalibor-chatrný-from-prům-37-cm-zrcadla-v

En longeant les choses /patrick galais /par yannick vigouroux.

http://www.patrickgalais.com/images/textes/textes_patrick_galais.pdf


L’Art de la Marche d'Olivier Bleys

"À l’opposé d’aventures sportives courtes, rapides et dépensières, cette marche autour du monde prend le temps. L’effort déployé revêt ainsi une portée symbolique, politique voire spirituelle. Aller lentement, quand tout va vite ; aller à pied, quand roulent tant de voitures ; prendre le temps de la parole et de la réflexion : tel est le message que délivrent, par leur exemple, ces marcheurs autour du monde.
Ils auront réussi si, demain, vous marchez avec eux."

http://olivierbleys.com/geopedis/

Le marcheur retrouve une conversation avec le temps et l'histoire. Emission Répliques.



"Pour cette conversation avec Frédéric Gros, l'auteur de " Marcher, une philosophie " et Sylvain Tesson qui publie " Sur les chemins noirs " , j'ai choisi de prendre la formule " en marche" au pied de la lettre. Il ne s'agit plus par une telle injonction, d'emprunter hardiment l'autoroute de l'histoire mais de la quitter pour les sentiers de randonnée. Il n'est plus question de répondre à l'appel du futur mais d'oublier le progrès et de faire, si j'ose dire, l'actualité buissonnière."




« La marche est une forme élémentaire de résistance, de retrouvailles avec le monde »

« La marche est une forme élémentaire de résistance, de retrouvailles avec le monde »

Rompre avec les certitudes et les conventions, briser des souffrances, un destin malheureux, voilà ce qu’offre la route, selon le sociologue David Le Breton.
LE MONDE | • Mis à jour le |

Par David Le Breton, sociologue et anthropologue
La marche est une échappée belle loin des routines de pensée ou d’existence, loin des pesanteurs possibles du travail ou des soucis personnels. Elle est une suspension des contraintes d’identité et des attentes qui les accompagnent.
Marcher revient à se mettre en congé de son histoire et à s’abandonner à son rythme propre aux sollicitations du chemin. Elle est une forme heureuse de disparition de soi, une manière justement de reprendre son souffle, de faire une pause au bord de son existence.
Sur les sentiers, il n’est plus nécessaire de soutenir le poids de son visage, de son nom, de sa personne, de son statut social, de son emploi du temps… Le marcheur tombe les éventuels masques car nul n’attend de lui qu’il joue un personnage. Il est un inconnu sur la route, sans engagement autre que l’instant qui vient et dont il décide de la nature.
En principe, il est déconnecté, ouvert à son environnement, aux rencontres, au temps qui passe. En vacance de soi, pour une durée plus ou moins longue, il change son existence et son rapport aux autres et au monde, il n’est plus engoncé dans son état civil, sa condition sociale, ses responsabilités envers les autres, il est disponible aux découvertes au fil de l’itinérance. L’esprit peut battre la campagne en toute liberté.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/08/la-marche-un-salutaire-retrait-du-monde_5010298_3232.html http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/08/la-marche-un-salutaire-retrait-du-monde_5010298_3232.html

mercredi 28 septembre 2016

Dans regard il y a égard

Dans regard il y a égard

Marcher au-dessus de la ville, la traverser tête en l’air, sans se soucier de la rue, des passants, des voitures en contrebas. Un vieux rêve. Ne pas confondre avec l’irrésistible tentation de voler. Rien à voir. La perspective et le regard sur les choses se transforment radicalement, plus rien n’est pareil quand on voit les choses en surplomb. La carte, le plan nous y habituent. Vision en deux dimensions, mis à plat du réel. Et c’est là qu’on approche le plus du vol de l’oiseau. Planer au-dessus de la ville est vertigineux. La caresse enivrante de l’air, claque violente des masses d’air en altitude. Aucune limite ne nous arrête au-dessus de la limite, là où les frontières s’effacent, les bords perdent leur netteté, nous sortons lentement du cadre, dans les marges obscures de la ville. La vue d’ensemble qui comble en premier lieu nos vains désirs de tout embrasser, de tout voir et tout posséder, se trouble rapidement, dans une incorrigible confusion où tout se mêle jusqu’à l’abstraction.

Le provisoire est le propre de la ville. La métamorphose son quotidien. Quand j’ai des doutes, quand je ne parviens plus à réfléchir, que je me sens oppressé et ne comprends plus rien, je me lève et je sors marcher. Pas besoin de but, de direction, je me mets juste en route, en mouvement. La réponse vient en marchant. Il suffit de se promener pour comprendre enfin, y voir clair. C’est comme si le rythme de nos pas, la dépense et l’échauffement de nos muscles, la circulation du sang battant nos tempes, et le souffle court qui retrouve sa vitesse de croisière, nous ramenait à nous, nous ranimait, nous faisant remonter à la surface, ce que le quotidien, le travail et son aliénante répétition, nous fait oublier avec le temps. Ce qui se transforme en ville, tous les chantiers, les instructions ou les démolitions, laisse ses traces mais accepte qu’on les ignore. Question de temps et de dimensions. La réponse vient en marchant et c’est la ville qui nous répond. C’est elle qui a le dernier mot.

L’allée étroite se profile devant nous, esquisse d’une dérive entre les bosquets d’arbustes, les fleurs aux couleurs vives, de part et d’autre, entre les immeubles. L’allée nous ouvre la voie, un chemin tout tracé en apparence, en forme d’appel. Il suffit de suivre la ligne droit fuyant à nos pieds. Entre les deux côtés de la masse végétale qu’elle sépare et délimite, en bordure, tout en courbes et volutes. Succession d’arrêts sur images, qu’on associe de mémoire à des lieux réels ou qui sont liées à des formes génériques, se présentant comme autant de stations aménagées le long du parcours, pour nous assurer des points de vue sur le panorama urbain, ménager des zones d’écoute de l’assourdissant tumulte des bruits de la ville, de la polyphonie de nos sensations, parfois même des pauses : préserver des moments de trêve, de suspens, aménager une accalmie, un apaisement ressenti le plus souvent comme un ralentissement du temps associé à une dilatation de l’espace. Dans regard il y a égard. 

LIMINAIRE
http://liminaire.fr/derives/article/marcher-au-dessus-de-la-ville

jean-christophe norman- grand mekong hotel


http://jeanchristophenorman.blogspot.fr/2016/07/grand-mekong-hotel-le-livre.html

jeudi 1 septembre 2016

LONDON OVERGROUND de Iain Sinclair / Inculte Editions.

" C'était une matinée pour aller voir ailleurs. Explorer un territoire où se défaire du sentiment que la narration était aussi truquée que notre paysage administré."

Une très intéressante lecture ici

lundi 13 juin 2016

Francesca Woodman





Très belle exposition à la Fondation Henry Cartier-Bresson et comme il est intéressant de voir ce travail photographique de cette jeune fille si mâture, expérimentant sans cesse son corps et le rapport de son corps au temps...
Lire cet article passionnant sur l'oeuvre de Francesca Woodman, Francesca Woodman, La photographie comme actes de disparition dans Esprits Nomades.

mercredi 20 avril 2016

Jean-Christophe Norman

constellation walks CAC Vilnius 2008

Extraits...
360 degrés en 24 heures — la marche et le travail de Jean-Christophe Norman En 2008, l'artiste français Jean-Christophe Norman s’est lancé dans un projet exhaustif d'écriture et de marche systématiques qui s'inscrit dans la continuité d’une pratique de plusieurs années basée sur la déambulation et l'écriture. Le projet a été divisé en parties distinctes dans chacune des villes où il a été réalisé : Night & Day (2008) et Vilnius Constellation Walks (2008). Plusieurs fragments de ces projets ont été exposés en différents lieux au cours de l'année 2008. Ces expositions se poursuivront également en 2009. At Any Time, qui présente son exploration méthodique de New York en mai 2008, a été exposé au Centre d'Art Contemporain de Besançon (Franche-Comté). Des versions de Vilnius Constellation Walks et Night & Day sont actuellement présentées au Centre d'Art Contemporain de Vilnius où il a séjourné pendant l’été 2008 et a commencé ses marches pour ces deux projets et bon nombre de ses « surfaces » d’écriture de temps. Sur la façade du bâtiment, l’une de ses surfaces d’écriture réalisée spécialement pour l’occasion sert de support promotionnel à la grande exposition dont le projet de Norman est la pierre angulaire (et détourne ainsi la signalétique promotionnelle traditionnelle qui présente habituellement une photographie de l’artiste et sa description). Dans ce cas précis, les piétons et les automobilistes doivent réfléchir pour découvrir le thème de l’exposition au Centre d'Art Contemporain – ils deviennent spectateurs qu’ils en soient ou non conscients. Selon la logique habituelle de Norman, la surface d’écriture est une révélation textuelle du moment où commence l’acte d’écriture (en haut, à gauche) – exprimé en jours, heures et minutes – jusqu’au moment où il se termine (en bas, à droite).
(...)
Dans son livre L’invention du quotidien (1984), Michel De Certeau décrit plusieurs façons de radicaliser l’existence quotidienne pour éviter ou résister à la déresponsabilisation des consommateurs ou des citoyens d’une ville, qu’il nomme « modes opératoires » ou « tactiques de la vie quotidienne ». De manière importante, en se référant à ses théories sur le travail d’un artiste, De Certeau appelle ce mode de vie une « pratique » ou une œuvre. De Certeau réduit essentiellement les concepts d’espace et d’habitat à ceux de la lecture et de l’écriture : il est certain que le mouvement idiomatique à travers la métropole est une forme d’écriture ou de dessin – pensez à Artaud à l’asile – et les « lignes d’erre » ou « trajectoires d’errance ». Nous pourrions imaginer un artiste – tel que Norman – comme un opérateur modèle dans cette économie de signes : spécialement si nous mesurons sa « pratique » en opposition à l’infrastructure de l’art – plutôt que de la ville – car il ne produit ni objet ni vue narrative de l’espace que (re)présente son travail – comme l’exigent les consommateurs d’art et les citoyens de ses institutions. Son écriture sur le sol de la ville se fait à la craie qui, contrairement aux bombes de peinture toxique qu’utilise l’auteur de graffiti, est éphémère et ne laisse aucune trace dans les strates de la structure urbaine. Pour citer De Certeau, Norman « emprunte l’espace comme un nomade » et crée une nouvelle langue ou de « nouvelles tournures de phrase ». La disparition de son texte et l’immanence de sa vidéographie sont thérapeutiques dans la mesure où elles laissent la ville effacer elle- même les traces de son passage et les autres opérateurs développer leurs propres inspirations par la suite. Une histoire de ce genre qui veut embrasser de longues périodes ou l’histoire universelle tout entière doit véritablement renoncer à la représentation individuelle du réel et se résumer en abstractions non seulement en ce sens que des événements et des actions doivent être omis, mais aussi en ce sens que la pensée est le plus puissant abréviateur. Une bataille, une grande victoire, un siège qui ne sont plus eux-mêmes, mais se contractent en simples déterminations. Quand Tite-Live raconte les guerres des Volsques, il dit parfois assez brièvement : cette année, on a fait la guerre aux Volsques. — G.W.F. Hegel, Leçons sur la philosophie de l’histoire, 19 (1822-1830) L’alpinisme et l’exploration sont essentiellement des quêtes concurrentes caractérisées par la cartographie d’un terrain et la performance d’une structure spatiale (le sommet n’est plus séparé de la base par les nuages mais traversé par le grimpeur) — qui s’apparentent à une conquête coloniale (qui est un sport à sa façon). Les deux exploits majeurs du XXe siècle en termes d’aventure ont été l’ascension du Mont Everest et la traversée du Pôle Sud. L’auteur de ce texte vient de Nouvelle-Zélande – cette petite nation largement citée dans les annales des expéditions polaires et de l’Everest : tout comme Edmund Hillary, le premier homme à avoir gravi le plus haut sommet du monde en 1953 (avec le sherpa Tenzing) et traversé le Pôle Sud en 1958. Nombreux sont les explorateurs qui ont réussi à atteindre le pôle avant lui, mais aucun n’est parvenu à faire le chemin du retour (les plus célèbres Roald Amundsen et Robert Scott sont morts en 1911 en tentant de réaliser cet exploit). Les explorateurs de l’Antarctique venus de l’hémisphère nord ont effectué leur dernière halte à Christchurch sur l’île sud de la Nouvelle-Zélande avant de partir pour le Pôle. En général dans les annales, on se souvient du premier arrivé au sommet au détriment des personnes qui y ont échoué tout près du but. En 1952, des alpinistes français et suisses ont presque réussi l’ascension de l’Everest — des théories affirment qu’ils ont effectivement réussi mais ont péri dans la descente. Jean- Christophe Norman est fasciné par ces histoires de quêtes et particulièrement par leur dimension cartographique. Les cartes sont essentiellement une projection ou une « prédiction » d’un aménagement spatial et sont confirmées sur le terrain. Les côtes sont cartographiées depuis les navires et les limites intérieures restent un terra nullius (territoire sans maître) tant que personne n’y a marché. (La carte parfaite est celle décrite par Jorge Luis Borges puis, à son tour, par Umberto Eco, qui est superposée à une échelle 1:1 sur la surface de la Terre — un exercice de graphomanie mégalomaniaque équivalent à la mesure des explorateurs et des alpinistes). En abandonnant l’escalade et en poursuivant une lecture historique sur ce sujet, Jean-Christophe Norman a pu retracer les contours physiques de nombreuses cartes — s’assurant que son existence rend la ville de Vilnius réelle — et débattre sur les dimensions romantiques et réelles de l’alpinisme et de l’exploration avec des personnes comme l’auteur de ce texte.
PARING THE APPLE

samedi 30 janvier 2016

Souvenir d'un futur de Laurent Kronental

"témoignage sur la vie des seniors dans les grands ensembles de la région parisienne. Conçus pendant les Trente Glorieuses jusque dans les années 80 pour résoudre l’accroissement démographique, l’exode rural et accueillir une population immigrée tout en répondant aux besoins du confort moderne, ces quartiers sont aujourd’hui fréquemment stigmatisés par les médias et marginalisés dans l’opinion publique."

Extrait d' Inventer la ville dans le blog LIMINAIRE.

vendredi 29 janvier 2016

Fertile Lands

Fertile Lands
Fertile Lands esquisse une réflexion sur la liberté des artistes, la capacité à s’inventer un terrain propice aux expérimentations, ouvert s’il en est, aux forces extérieures. De par sa confrontation au territoire, l’œuvre s’imprègne de sa force volcanique, de son caractère mouvant et transitoire. Dans les années 60, Robert Smithson, Walter de Maria, Michael Heizer ont été parmi les premiers à déplacer l’énergie du croire en des lieux et des objets dépréciés. Qu’en est-il aujourd’hui où « peu à peu, la croyance s’est polluée comme l’air ou l’eau », où « cette énergie motrice, toujours résistante mais traitable, vient à manquer »1 ?
Placée sous les auspices du film East Coast, West Coast2 dans lequel Robert Smithson, en artiste californien rêveur, fantasque, fait face à une galeriste new yorkaise sceptique - incarnée par Nancy Holt -, l’exposition renvoie aux conditions préalables pour penser l’impensable. Fertile Lands ose parler d’intimité créatrice, de spiritualité, d’aventure artistique et esthétique qui ont permis dans les années 60 l’émergence de projets hors-normes dans leur relation au temps, à l’espace et à l’expérimentation.
Les œuvres présentées à la Fondation d’entreprise Ricard sont le reflet d’une pensée en mouvement, oscillant entre deux pôles de l’expérience ; le voir et le faire. Fixité des indices et circulation de l’image médiatique. Une nouvelle génération d’artistes de l’ère Post-Internet entoure l’œuvre de tout un appareil circonstancié nécessaire à l’appréciation d’un art désormais en libre accès dont les contours ne cessent de se redéfinir selon ses formats de diffusion (galeries, musées, Internet, édition). Sur ce modèle, l’exposition en appelle à une position toujours plus excentrée face à la profusion entropique des informations. Et soudain, se cristallise le « rêve de pierre : « rêve » par la liberté qu’il exige, l’inconnu, l’audace, le risque, le fantasme, « de pierre », par sa consistance ferme, solide, minérale qui s’obtient à force de travail »3 et de ferveur.
Alexandra Fau, novembre 2015.
1-Michel de Certeau, L'Invention du quotidien, 1. : Arts de faire, éd. établie et présentée par Luce Giard, Paris, Gallimard, 1990 (1re éd. 1980).
2-East Coast, West Coast, Nancy Holt et Robert Smithson, 1969. Vidéo 22 min, noir et blanc, son.
3-Jean-Philippe Toussaint, L’urgence et la patience, Editions de Minuit, 2012.