http://www.patrickgalais.com/images/textes/textes_patrick_galais.pdf
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samedi 3 décembre 2016
L’Art de la Marche d'Olivier Bleys
"À l’opposé d’aventures sportives courtes, rapides et dépensières, cette
marche autour du monde prend le temps. L’effort déployé revêt ainsi une
portée symbolique, politique voire spirituelle. Aller lentement, quand
tout va vite ; aller à pied, quand roulent tant de voitures ; prendre le
temps de la parole et de la réflexion : tel est le message que
délivrent, par leur exemple, ces marcheurs autour du monde.
Ils auront réussi si, demain, vous marchez avec eux."
http://olivierbleys.com/geopedis/
Ils auront réussi si, demain, vous marchez avec eux."
http://olivierbleys.com/geopedis/
Le marcheur retrouve une conversation avec le temps et l'histoire. Emission Répliques.
"Pour cette conversation avec Frédéric Gros, l'auteur de " Marcher, une philosophie " et Sylvain Tesson qui publie " Sur les chemins noirs " , j'ai choisi de prendre la formule " en marche" au pied de la lettre. Il ne s'agit plus par une telle injonction, d'emprunter hardiment l'autoroute de l'histoire mais de la quitter pour les sentiers de randonnée. Il n'est plus question de répondre à l'appel du futur mais d'oublier le progrès et de faire, si j'ose dire, l'actualité buissonnière."
« La marche est une forme élémentaire de résistance, de retrouvailles avec le monde »
« La marche est une forme élémentaire de résistance, de retrouvailles avec le monde »
Rompre
avec les certitudes et les conventions, briser des souffrances, un
destin malheureux, voilà ce qu’offre la route, selon le sociologue David
Le Breton.
LE MONDE
|
• Mis à jour le
|Par David Le Breton, sociologue et anthropologue
La marche est une échappée belle loin des routines de pensée ou d’existence, loin des pesanteurs possibles du travail ou des soucis personnels. Elle est une suspension des contraintes d’identité et des attentes qui les accompagnent.
Marcher revient à se mettre en congé de son histoire et à s’abandonner à son rythme propre aux sollicitations du chemin. Elle est une forme heureuse de disparition de soi, une manière justement de reprendre son souffle, de faire une pause au bord de son existence.
Sur les sentiers, il n’est plus nécessaire de soutenir le poids de son visage, de son nom, de sa personne, de son statut social, de son emploi du temps… Le marcheur tombe les éventuels masques car nul n’attend de lui qu’il joue un personnage. Il est un inconnu sur la route, sans engagement autre que l’instant qui vient et dont il décide de la nature.
En principe, il est déconnecté, ouvert à son environnement, aux rencontres, au temps qui passe. En vacance de soi, pour une durée plus ou moins longue, il change son existence et son rapport aux autres et au monde, il n’est plus engoncé dans son état civil, sa condition sociale, ses responsabilités envers les autres, il est disponible aux découvertes au fil de l’itinérance. L’esprit peut battre la campagne en toute liberté.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/08/la-marche-un-salutaire-retrait-du-monde_5010298_3232.html http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/08/la-marche-un-salutaire-retrait-du-monde_5010298_3232.html
mercredi 2 novembre 2016
mercredi 28 septembre 2016
mercredi 24 février 2016
jeudi 31 décembre 2015
Ìsland, Ultima Thulé
Ce qui borde la mer par Etienne Diemert à propos des photos de Guillaume Fandel (http://www.askanialab.com)
vendredi 27 novembre 2015
Kyle Mc Donald
« Suivre le travail de Kyle Mc Donald (@kcimc) artiste américain qui joue avec le code pour hacker nos vies, dont le désopilant Exhausting a crowd d’après Georges Perec, ou Conversnitch (une fausse lampe qui capte toutes les conversations et les envoient sur Amazon Mechancial Turk où des humains payés à la pièce les publient sur Twitter) ou la bluffante vidéo prise avant hier à Amsterdam ou les images sont décrites en temps réel par un couplage avec un réseau neural. »
Dans les années 50, les situationnistes ont développé une réflexion sur la question urbaine, par l’intermédiaire de la psychogéographie notamment. Leurs descriptions de l’espace urbain dénonçaient un espace perçu comme ennuyeux. Leur projet était de refonder la ville afin de créer des ambiances inédites permettant la construction de situations, c’est-à-dire des moments de vie à la fois singuliers et éphémères.
En octobre 1974, Georges Perec tente de prendre note de tout ce qu’il voit sur la place Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement de Paris, pendant trois jours d’affilée et à différents moments de la journée. Il en établit ainsi dans Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, un inventaire de la vie quotidienne, sa monotonie, mais aussi les variations infimes du temps, de la lumière, du décor, du vivant.
Blog LIMINAIRE
Dans les années 50, les situationnistes ont développé une réflexion sur la question urbaine, par l’intermédiaire de la psychogéographie notamment. Leurs descriptions de l’espace urbain dénonçaient un espace perçu comme ennuyeux. Leur projet était de refonder la ville afin de créer des ambiances inédites permettant la construction de situations, c’est-à-dire des moments de vie à la fois singuliers et éphémères.
En octobre 1974, Georges Perec tente de prendre note de tout ce qu’il voit sur la place Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement de Paris, pendant trois jours d’affilée et à différents moments de la journée. Il en établit ainsi dans Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, un inventaire de la vie quotidienne, sa monotonie, mais aussi les variations infimes du temps, de la lumière, du décor, du vivant.
Blog LIMINAIRE
mercredi 28 octobre 2015
En deçà et au-delà du visible - Eric Bourret
... "Et en même temps, cette « empreinte-produit » nous interroge sur « le
visible » , non seulement sur la nature et la réalité du photographié
mais aussi, comme l’ont fait les sculpteurs et les peintres cubistes,
sur la représentation en profondeur de l’espace dynamité par l’extension
et l’intensité des volumes, des plans et des contrastes colorés. Nous
voilà face à des paysages plus ou moins étranges, tendus autour d’un
plan qui fait face et toujours déroutants. D’autant plus que l’espace
paraît non seulement inhabitable pour notre regard et nos pas, mais
qu’il est aussi inhabité, sans homme et sans animal.
Quelles que soient les photographies d’Éric Bourret, elles sont toujours sans homme. Il n’est pas là empreinte physique, point à partir duquel se repérer ou mesurer le monde, comme dans les premières photographies des archéologues. Pas non plus de présence animale qui pourrait signifier un déplacement possible et une profondeur habitable, qui ferait de l’espace un lieu où bouger et se mouvoir. Et si l’espace n’est pas celui de l’homme, le temps n’est pas non plus le sien. Il y a certes traces de son action passée avec les murs, les colonnes, les pierres taillées des sites archéologiques ou avec les figures immobiles des bouddhas et les apsaras qui, rapprochées et parfois floues, sourient et s’estompent vers le fond. Mais, le sable, les usures, les cassures signifient le temps passé sans l’homme, un temps irréversible."...
... "Dans sa démarche, Éric Bourret réunit ainsi des problématiques contemporaines : il souligne sa présence d’auteur de photographies, en montrant que le monde perçu et saisi l’est pour et au bout d’un corps sensible et vibrant, et dans le même temps il accepte sciemment de se dessaisir de la maîtrise impossible de l’image, en ménageant une place à l’aléatoire, à la surprise."...
... "À regarder et tenter de lire ces images de rythme et de lumière, on peut penser à ce qu’a écrit Gaston Bachelard sur le caractère rythmique et ondulatoire de la matière ou Michel Collot sur la matière-émotion qui n’est « pas une masse inerte, amorphe, mais animée d’une énergie qui la fait s’épanouir ». Sous les soubresauts du corps photographiant, confusion des matières liquides, gazeuses et minérales ; Éric Bourret semble dire : « les nuages, les névés, les glaciers, la montagne et l’eau sont des passages, des états transitoires, des formes émergentes du chaos »"...
http://www.ericbourret.com/en-deca-et-au-dela-du-visible-marie-renoue/
Quelles que soient les photographies d’Éric Bourret, elles sont toujours sans homme. Il n’est pas là empreinte physique, point à partir duquel se repérer ou mesurer le monde, comme dans les premières photographies des archéologues. Pas non plus de présence animale qui pourrait signifier un déplacement possible et une profondeur habitable, qui ferait de l’espace un lieu où bouger et se mouvoir. Et si l’espace n’est pas celui de l’homme, le temps n’est pas non plus le sien. Il y a certes traces de son action passée avec les murs, les colonnes, les pierres taillées des sites archéologiques ou avec les figures immobiles des bouddhas et les apsaras qui, rapprochées et parfois floues, sourient et s’estompent vers le fond. Mais, le sable, les usures, les cassures signifient le temps passé sans l’homme, un temps irréversible."...
... "Dans sa démarche, Éric Bourret réunit ainsi des problématiques contemporaines : il souligne sa présence d’auteur de photographies, en montrant que le monde perçu et saisi l’est pour et au bout d’un corps sensible et vibrant, et dans le même temps il accepte sciemment de se dessaisir de la maîtrise impossible de l’image, en ménageant une place à l’aléatoire, à la surprise."...
... "À regarder et tenter de lire ces images de rythme et de lumière, on peut penser à ce qu’a écrit Gaston Bachelard sur le caractère rythmique et ondulatoire de la matière ou Michel Collot sur la matière-émotion qui n’est « pas une masse inerte, amorphe, mais animée d’une énergie qui la fait s’épanouir ». Sous les soubresauts du corps photographiant, confusion des matières liquides, gazeuses et minérales ; Éric Bourret semble dire : « les nuages, les névés, les glaciers, la montagne et l’eau sont des passages, des états transitoires, des formes émergentes du chaos »"...
http://www.ericbourret.com/en-deca-et-au-dela-du-visible-marie-renoue/
dimanche 25 octobre 2015
Prix Marcel-Duchamp 2015 attribué samedi à Melik Ohanian,
L’artiste invente une œuvre dont l’ambition est de prendre le monde comme sujet et d’affirmer que le temps est le moteur des choses. Construite comme une suite d’états de conscience, l’œuvre puissamment allégorique de Melik Ohanian regarde le monde à travers le filtre de la mémoire » a déclaré le Président du jury.
vendredi 11 septembre 2015
Déterritorialisation - Mille Plateaux de Gilles Deleuze et Félix Guattari
« On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer, ni s'être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu'ils sont imaginaires, au contraire : parce que je suis en train de les tracer. Finies les grandes ou les petites guerres. Finis les voyages, toujours à la traîne de quelque chose. Je n'ai plus aucun secret, à force d'avoir perdu le visage, forme et matière. Je ne suis plus qu'une ligne. Je suis devenu capable d'aimer, non pas d'un amour universel abstrait, mais celui que je vais choisir, et qui va me choisir, en aveugle, mon double, qui n'a pas plus de moi que moi. On s'est sauvé par amour et pour l'amour, en abandonnant l'amour et le moi. On n'est plus qu'une ligne abstraite, comme une flèche qui traverse le vide. Déterritorialisation absolue. On est devenu comme tout le monde, mais à la manière dont personne ne peut devenir comme tout le monde. On a peint le monde sur soi, et pas soi sur le monde. »
— Mille Plateaux, « Trois nouvelles ou “Qu'est-ce qui s'est passé ?” », p.244
mercredi 9 septembre 2015
jeudi 3 septembre 2015
La théorie du tout de Céline Baril : PENSER LE TERRITOIRE
"... ce que je connais du tout me vient de ma connaissance de cette parcelle
du territoire et de ce moment de l’histoire dans lesquels se fait mon
expérience du monde."
Critique du film La théorie du tout de Céline Baril sur le blog Hors Champs
Critique du film La théorie du tout de Céline Baril sur le blog Hors Champs
BANDE-ANNONCE DU FILM
Posted by La Théorie du tout de Céline Baril on mercredi 20 janvier 2010
mardi 1 septembre 2015
France(s) territoire liquide - Mission photographique
"...un questionnement photographique, cherchant à donner forme aux paysages d’aujourd’hui à travers une profusion d’images, témoignant tant de la multiplicité des points de vues que de l’insistance du regard."
Blog Territoire des images-Carnet de recherches visuelles, par Raphaële Bertho-Paysage(s) en éclats
mardi 18 août 2015
Invasion, film d'Hugo Santiago, scénario de Jorge Luis Borges
"Cette similarité d’Aquilea et de Buenos-Aires était revendiquée par Borges lui-même lorsqu’il parlait du film : « La création dépend d’un artifice imaginatif et non d’un registre ni de la reproduction ; c’est la distance et non la prétendue fidélité de la représentation ce qui suscite l’émotion esthétique »."
Invasion, film d'Hugo Santiago, scénario de Jorge Luis Borges présenté dans le blog LIMINAIRE
mardi 28 juillet 2015
Hamish Fulton
"Concernant la photographie, Fulton fait preuve de la même exigence de
précision qu’il met en œuvre dans sa peinture : ses photos sont très
strictement cadrées et font toujours état de la même rigueur
d’exécution. Chaque cliché doit témoigner de la plénitude que l’on est
censé ressentir face au paysage. La « cinéplastique »
à l’œuvre chez Fulton n’a rien à voir avec celle de ces artistes
arpenteurs de la mégalopole, les Orozco, Alÿs et autres Stalker, il est
même patent que la marche fultonnienne s’éloigne en tous points de la
tendance dominante à investir les situations urbaines. Sa pratique puise
ses origines dans les années soixante et soixante-dix et porte les
stigmates d’une nature encore idéalisée ; il ne semble absolument pas en
phase avec le rythme saccadé de la ville, ses ruptures, ses blancs, ses
accélérations qui fondent l’amour que les situationnistes portent à la
ville, lieu de la dérive, dont la seule traduction possible ne peut se
trouver que dans le montage cinématographique ; à preuve, la marche
qu’il réalise entre le point zéro et le mètre étalon en 2010 est la
répétition sept fois du même trajet entre ces deux pôles, symboles d’une
abstraction enfouie, pour le moins désuète à l’heure du GPS. Tout
témoigne chez l’artiste de la recherche d’une sérénité intérieure, d’un
calme et d’une quiétude qu’il ne saurait trouver dans les à-coups de la
grande ville mais bien dans le refuge des cimes des Pyrénées ou de
l’Himalaya, aussi il semble assez naturel que l’expérience fultonnienne
du monde s’incarne dans les médiums de la recherche d’un temps
stabilisé, ceux de la peinture et de la photographie."
l’interview d’Hamish Fulton par Patrice Joly dans la revue 02
l’interview d’Hamish Fulton par Patrice Joly dans la revue 02
lundi 20 juillet 2015
Le paysage Vernaculaire
“Au cours de mes voyages à travers le pays, je suis souvent sidéré
par la prolifération d'espaces et d'usages qui n'ont aucun équivalent
dans le paysage traditionnel : les parcs
de stationnement, les pistes d'atterrissage, les centres commerciaux,
les parcs de caravanes, les tours de logement, les réserves pour la vie
sauvage, ou encore Disneyland. Je suis également sidéré par la
désinvolture avec laquelle nous utilisons l'espace : des églises se
transforment en discothèques, des logements en églises, les rues du
centre-ville sont utilisées comme pistes de jogging, on trouve des
espaces vides au coeur même des villes denses et des installations
industrielles au beau milieu de la campagne, des cimetières sont
utilisés comme stand de tir à l'arc et des messes Pascales se tiennent
dans des stades de football. Je suis désorienté par les espaces
temporaires : les drive-in, les entreprises de fast-food qui ferment au
bout d'un an, les champs de blés qui se transforment en champs de soja
puis sont ensuite subdivisés, les villes de caravanes qui disparaissent
sitôt les vacances finies, les jardins tropicaux des centres
commerciaux que l'ont remplace à chaque saison, les motels qu'on
abandonne lorsque l'autoroute se déplace.”
J. B. Jackson, “Concluding with Landscapes”, in Discovering the Vernacular Landscape, 1984
Citation extraite du cours de Sébastien Marot, "Architecture et arts de l’environnement", séance 2 : "Théâtre, palimpseste, hypertexte", Ecole d'architecture, de la ville et des territoires, Marne-la-Vallée. Disponible ici : https://elearning.u-pem.fr/mod/resource/view.php?id=36420
J. B. Jackson, “Concluding with Landscapes”, in Discovering the Vernacular Landscape, 1984
Citation extraite du cours de Sébastien Marot, "Architecture et arts de l’environnement", séance 2 : "Théâtre, palimpseste, hypertexte", Ecole d'architecture, de la ville et des territoires, Marne-la-Vallée. Disponible ici : https://elearning.u-pem.fr/mod/resource/view.php?id=36420
WalkScapes, c koi ? par DéMarches
Penser avec ses pieds
Le walkscape est un nouveau type d’art qui s’inscrit dans un monde flou, en mutation perpétuelle, où l’entropie atteint des niveaux jamais égalés. Réponse mobile, agile, narrative, le walkscape est basée sur la marche, activité sensible dans une situation de consommation d’images hypertrophiée et inflationniste.
Marcher c’est créer, lire/écrire le territoire en même temps, le walkscape est une activité pluridimensionnelle et simultanée, à la fois action, ligne, et récit.
Initié par le mouvement Dada dans les années 20, repris et développé par les surréalistes qui en font un instrument de lecture de l’inconscient des villes, politisé ensuite par les situationnistes et introduit dans le monde de l’art par un ensemble d’artistes américains issus du Land Art tels Tony Smith, Richard Long ou Robert Smithson, le walkscape s’attache à un paysage inédit, donné par une ville en rotation accélérée, pleine de vides et d’interstices . Le walkscape, au pouvoir révélateur sur la nouvelle cité liquide, archipel mouvant parsemé d’îles sédentaires et de courants souterrains, devient un instrument politique pour un collectif comme Stalker.La marche devient une pratique esthétique ouverte sur la banlieue du monde, territoire sans représentation, territoire de l’oublii, lieu du déchet et du vide, espace sans qualité, sans codes, d’où le pouvoir est absent, où donc la liberté peut se déployer sans obstacles, poser de nouvelles questions, trouver de nouvelles réponses.
Marcher dans les nouveaux paysages entropiques, parcourir la nouvelle nature qui émerge entre les vides, fouler la basse densité, le diffus, l’indéfini, visiter les marges en mutation, interroger les amnésies urbaines, la ville parallèle, le walkscaper devient le nouvel entropologue cher à Lévi-Strauss, les deux pieds dans la zone mutante, pieds nus dans le chaos comme le dit si bien Francesco Careri.
Le walkscape permet de penser et de voir avec ses pieds dans un désordre exponentiel, de revenir à une expérience essentielle du monde physique et d’en partager les récits, la marche devient l’instrument de connaissance privilégié de la ville-labyrinthe, l’errance est la valeur de ce nouveau monde contemporain de l’ambiguité et de l’hybridation accélérée.
Le walkscape est aussi une tresse narrative dans laquelle viennent s’imbriquer différents types de récits : écritures photographiques, sonores, journalistiques, figuratives ou abstraites, documentations, mythes… dont les modalités d’expressions peuvent être aussi variées que l’état mouvant des paysages qu’elle dessine, fabrique de mémoire dans un principe d’incertitude généralisé : le parcours est aussi une structure narrative.
Le walkscape est une œuvre ouverte, protéiforme, multi-dimensionnelle, interactive, jamais terminée à l’image des territoires et du monde qu’elle décrit, un laboratoire permanent où s’écrit la science du flou.
DéMarches
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