lundi 20 juillet 2015

Le paysage Vernaculaire

“Au cours de mes voyages à travers le pays, je suis souvent sidéré par la prolifération d'espaces et d'usages qui n'ont aucun équivalent dans le paysage traditionnel : les parcs de stationnement, les pistes d'atterrissage, les centres commerciaux, les parcs de caravanes, les tours de logement, les réserves pour la vie sauvage, ou encore Disneyland. Je suis également sidéré par la désinvolture avec laquelle nous utilisons l'espace : des églises se transforment en discothèques, des logements en églises, les rues du centre-ville sont utilisées comme pistes de jogging, on trouve des espaces vides au coeur même des villes denses et des installations industrielles au beau milieu de la campagne, des cimetières sont utilisés comme stand de tir à l'arc et des messes Pascales se tiennent dans des stades de football. Je suis désorienté par les espaces temporaires : les drive-in, les entreprises de fast-food qui ferment au bout d'un an, les champs de blés qui se transforment en champs de soja puis sont ensuite subdivisés, les villes de caravanes qui disparaissent sitôt les vacances finies, les jardins tropicaux des centres commerciaux que l'ont remplace à chaque saison, les motels qu'on abandonne lorsque l'autoroute se déplace.”
J. B. Jackson, “Concluding with Landscapes”, in Discovering the Vernacular Landscape, 1984
Citation extraite du cours de Sébastien Marot, "Architecture et arts de l’environnement", séance 2 : "Théâtre, palimpseste, hypertexte", Ecole d'architecture, de la ville et des territoires, Marne-la-Vallée. Disponible ici : https://elearning.u-pem.fr/mod/resource/view.php?id=36420

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