“Au cours de mes voyages à travers le pays, je suis souvent sidéré
par la prolifération d'espaces et d'usages qui n'ont aucun équivalent
dans le paysage traditionnel : les parcs
de stationnement, les pistes d'atterrissage, les centres commerciaux,
les parcs de caravanes, les tours de logement, les réserves pour la vie
sauvage, ou encore Disneyland. Je suis également sidéré par la
désinvolture avec laquelle nous utilisons l'espace : des églises se
transforment en discothèques, des logements en églises, les rues du
centre-ville sont utilisées comme pistes de jogging, on trouve des
espaces vides au coeur même des villes denses et des installations
industrielles au beau milieu de la campagne, des cimetières sont
utilisés comme stand de tir à l'arc et des messes Pascales se tiennent
dans des stades de football. Je suis désorienté par les espaces
temporaires : les drive-in, les entreprises de fast-food qui ferment au
bout d'un an, les champs de blés qui se transforment en champs de soja
puis sont ensuite subdivisés, les villes de caravanes qui disparaissent
sitôt les vacances finies, les jardins tropicaux des centres
commerciaux que l'ont remplace à chaque saison, les motels qu'on
abandonne lorsque l'autoroute se déplace.”
J. B. Jackson, “Concluding with Landscapes”, in Discovering the Vernacular Landscape, 1984
Citation extraite du cours de Sébastien Marot, "Architecture et arts de
l’environnement", séance 2 : "Théâtre, palimpseste, hypertexte", Ecole
d'architecture, de la ville et des territoires, Marne-la-Vallée.
Disponible ici : https://elearning.u-pem.fr/mod/resource/view.php?id=36420
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