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mercredi 2 novembre 2016
mercredi 20 avril 2016
Jean-Christophe Norman
constellation walks CAC Vilnius 2008
Extraits...
360 degrés en 24 heures — la marche et le travail de Jean-Christophe Norman En 2008, l'artiste français Jean-Christophe Norman s’est lancé dans un projet exhaustif d'écriture et de marche systématiques qui s'inscrit dans la continuité d’une pratique de plusieurs années basée sur la déambulation et l'écriture. Le projet a été divisé en parties distinctes dans chacune des villes où il a été réalisé : Night & Day (2008) et Vilnius Constellation Walks (2008). Plusieurs fragments de ces projets ont été exposés en différents lieux au cours de l'année 2008. Ces expositions se poursuivront également en 2009. At Any Time, qui présente son exploration méthodique de New York en mai 2008, a été exposé au Centre d'Art Contemporain de Besançon (Franche-Comté). Des versions de Vilnius Constellation Walks et Night & Day sont actuellement présentées au Centre d'Art Contemporain de Vilnius où il a séjourné pendant l’été 2008 et a commencé ses marches pour ces deux projets et bon nombre de ses « surfaces » d’écriture de temps. Sur la façade du bâtiment, l’une de ses surfaces d’écriture réalisée spécialement pour l’occasion sert de support promotionnel à la grande exposition dont le projet de Norman est la pierre angulaire (et détourne ainsi la signalétique promotionnelle traditionnelle qui présente habituellement une photographie de l’artiste et sa description). Dans ce cas précis, les piétons et les automobilistes doivent réfléchir pour découvrir le thème de l’exposition au Centre d'Art Contemporain – ils deviennent spectateurs qu’ils en soient ou non conscients. Selon la logique habituelle de Norman, la surface d’écriture est une révélation textuelle du moment où commence l’acte d’écriture (en haut, à gauche) – exprimé en jours, heures et minutes – jusqu’au moment où il se termine (en bas, à droite).
(...)
Dans son livre L’invention du quotidien (1984), Michel De Certeau décrit plusieurs façons de radicaliser l’existence quotidienne pour éviter ou résister à la déresponsabilisation des consommateurs ou des citoyens d’une ville, qu’il nomme « modes opératoires » ou « tactiques de la vie quotidienne ». De manière importante, en se référant à ses théories sur le travail d’un artiste, De Certeau appelle ce mode de vie une « pratique » ou une œuvre. De Certeau réduit essentiellement les concepts d’espace et d’habitat à ceux de la lecture et de l’écriture : il est certain que le mouvement idiomatique à travers la métropole est une forme d’écriture ou de dessin – pensez à Artaud à l’asile – et les « lignes d’erre » ou « trajectoires d’errance ». Nous pourrions imaginer un artiste – tel que Norman – comme un opérateur modèle dans cette économie de signes : spécialement si nous mesurons sa « pratique » en opposition à l’infrastructure de l’art – plutôt que de la ville – car il ne produit ni objet ni vue narrative de l’espace que (re)présente son travail – comme l’exigent les consommateurs d’art et les citoyens de ses institutions. Son écriture sur le sol de la ville se fait à la craie qui, contrairement aux bombes de peinture toxique qu’utilise l’auteur de graffiti, est éphémère et ne laisse aucune trace dans les strates de la structure urbaine. Pour citer De Certeau, Norman « emprunte l’espace comme un nomade » et crée une nouvelle langue ou de « nouvelles tournures de phrase ». La disparition de son texte et l’immanence de sa vidéographie sont thérapeutiques dans la mesure où elles laissent la ville effacer elle- même les traces de son passage et les autres opérateurs développer leurs propres inspirations par la suite. Une histoire de ce genre qui veut embrasser de longues périodes ou l’histoire universelle tout entière doit véritablement renoncer à la représentation individuelle du réel et se résumer en abstractions non seulement en ce sens que des événements et des actions doivent être omis, mais aussi en ce sens que la pensée est le plus puissant abréviateur. Une bataille, une grande victoire, un siège qui ne sont plus eux-mêmes, mais se contractent en simples déterminations. Quand Tite-Live raconte les guerres des Volsques, il dit parfois assez brièvement : cette année, on a fait la guerre aux Volsques. — G.W.F. Hegel, Leçons sur la philosophie de l’histoire, 19 (1822-1830) L’alpinisme et l’exploration sont essentiellement des quêtes concurrentes caractérisées par la cartographie d’un terrain et la performance d’une structure spatiale (le sommet n’est plus séparé de la base par les nuages mais traversé par le grimpeur) — qui s’apparentent à une conquête coloniale (qui est un sport à sa façon). Les deux exploits majeurs du XXe siècle en termes d’aventure ont été l’ascension du Mont Everest et la traversée du Pôle Sud. L’auteur de ce texte vient de Nouvelle-Zélande – cette petite nation largement citée dans les annales des expéditions polaires et de l’Everest : tout comme Edmund Hillary, le premier homme à avoir gravi le plus haut sommet du monde en 1953 (avec le sherpa Tenzing) et traversé le Pôle Sud en 1958. Nombreux sont les explorateurs qui ont réussi à atteindre le pôle avant lui, mais aucun n’est parvenu à faire le chemin du retour (les plus célèbres Roald Amundsen et Robert Scott sont morts en 1911 en tentant de réaliser cet exploit). Les explorateurs de l’Antarctique venus de l’hémisphère nord ont effectué leur dernière halte à Christchurch sur l’île sud de la Nouvelle-Zélande avant de partir pour le Pôle. En général dans les annales, on se souvient du premier arrivé au sommet au détriment des personnes qui y ont échoué tout près du but. En 1952, des alpinistes français et suisses ont presque réussi l’ascension de l’Everest — des théories affirment qu’ils ont effectivement réussi mais ont péri dans la descente. Jean- Christophe Norman est fasciné par ces histoires de quêtes et particulièrement par leur dimension cartographique. Les cartes sont essentiellement une projection ou une « prédiction » d’un aménagement spatial et sont confirmées sur le terrain. Les côtes sont cartographiées depuis les navires et les limites intérieures restent un terra nullius (territoire sans maître) tant que personne n’y a marché. (La carte parfaite est celle décrite par Jorge Luis Borges puis, à son tour, par Umberto Eco, qui est superposée à une échelle 1:1 sur la surface de la Terre — un exercice de graphomanie mégalomaniaque équivalent à la mesure des explorateurs et des alpinistes). En abandonnant l’escalade et en poursuivant une lecture historique sur ce sujet, Jean-Christophe Norman a pu retracer les contours physiques de nombreuses cartes — s’assurant que son existence rend la ville de Vilnius réelle — et débattre sur les dimensions romantiques et réelles de l’alpinisme et de l’exploration avec des personnes comme l’auteur de ce texte.
PARING THE APPLE
Extraits...
360 degrés en 24 heures — la marche et le travail de Jean-Christophe Norman En 2008, l'artiste français Jean-Christophe Norman s’est lancé dans un projet exhaustif d'écriture et de marche systématiques qui s'inscrit dans la continuité d’une pratique de plusieurs années basée sur la déambulation et l'écriture. Le projet a été divisé en parties distinctes dans chacune des villes où il a été réalisé : Night & Day (2008) et Vilnius Constellation Walks (2008). Plusieurs fragments de ces projets ont été exposés en différents lieux au cours de l'année 2008. Ces expositions se poursuivront également en 2009. At Any Time, qui présente son exploration méthodique de New York en mai 2008, a été exposé au Centre d'Art Contemporain de Besançon (Franche-Comté). Des versions de Vilnius Constellation Walks et Night & Day sont actuellement présentées au Centre d'Art Contemporain de Vilnius où il a séjourné pendant l’été 2008 et a commencé ses marches pour ces deux projets et bon nombre de ses « surfaces » d’écriture de temps. Sur la façade du bâtiment, l’une de ses surfaces d’écriture réalisée spécialement pour l’occasion sert de support promotionnel à la grande exposition dont le projet de Norman est la pierre angulaire (et détourne ainsi la signalétique promotionnelle traditionnelle qui présente habituellement une photographie de l’artiste et sa description). Dans ce cas précis, les piétons et les automobilistes doivent réfléchir pour découvrir le thème de l’exposition au Centre d'Art Contemporain – ils deviennent spectateurs qu’ils en soient ou non conscients. Selon la logique habituelle de Norman, la surface d’écriture est une révélation textuelle du moment où commence l’acte d’écriture (en haut, à gauche) – exprimé en jours, heures et minutes – jusqu’au moment où il se termine (en bas, à droite).
(...)
Dans son livre L’invention du quotidien (1984), Michel De Certeau décrit plusieurs façons de radicaliser l’existence quotidienne pour éviter ou résister à la déresponsabilisation des consommateurs ou des citoyens d’une ville, qu’il nomme « modes opératoires » ou « tactiques de la vie quotidienne ». De manière importante, en se référant à ses théories sur le travail d’un artiste, De Certeau appelle ce mode de vie une « pratique » ou une œuvre. De Certeau réduit essentiellement les concepts d’espace et d’habitat à ceux de la lecture et de l’écriture : il est certain que le mouvement idiomatique à travers la métropole est une forme d’écriture ou de dessin – pensez à Artaud à l’asile – et les « lignes d’erre » ou « trajectoires d’errance ». Nous pourrions imaginer un artiste – tel que Norman – comme un opérateur modèle dans cette économie de signes : spécialement si nous mesurons sa « pratique » en opposition à l’infrastructure de l’art – plutôt que de la ville – car il ne produit ni objet ni vue narrative de l’espace que (re)présente son travail – comme l’exigent les consommateurs d’art et les citoyens de ses institutions. Son écriture sur le sol de la ville se fait à la craie qui, contrairement aux bombes de peinture toxique qu’utilise l’auteur de graffiti, est éphémère et ne laisse aucune trace dans les strates de la structure urbaine. Pour citer De Certeau, Norman « emprunte l’espace comme un nomade » et crée une nouvelle langue ou de « nouvelles tournures de phrase ». La disparition de son texte et l’immanence de sa vidéographie sont thérapeutiques dans la mesure où elles laissent la ville effacer elle- même les traces de son passage et les autres opérateurs développer leurs propres inspirations par la suite. Une histoire de ce genre qui veut embrasser de longues périodes ou l’histoire universelle tout entière doit véritablement renoncer à la représentation individuelle du réel et se résumer en abstractions non seulement en ce sens que des événements et des actions doivent être omis, mais aussi en ce sens que la pensée est le plus puissant abréviateur. Une bataille, une grande victoire, un siège qui ne sont plus eux-mêmes, mais se contractent en simples déterminations. Quand Tite-Live raconte les guerres des Volsques, il dit parfois assez brièvement : cette année, on a fait la guerre aux Volsques. — G.W.F. Hegel, Leçons sur la philosophie de l’histoire, 19 (1822-1830) L’alpinisme et l’exploration sont essentiellement des quêtes concurrentes caractérisées par la cartographie d’un terrain et la performance d’une structure spatiale (le sommet n’est plus séparé de la base par les nuages mais traversé par le grimpeur) — qui s’apparentent à une conquête coloniale (qui est un sport à sa façon). Les deux exploits majeurs du XXe siècle en termes d’aventure ont été l’ascension du Mont Everest et la traversée du Pôle Sud. L’auteur de ce texte vient de Nouvelle-Zélande – cette petite nation largement citée dans les annales des expéditions polaires et de l’Everest : tout comme Edmund Hillary, le premier homme à avoir gravi le plus haut sommet du monde en 1953 (avec le sherpa Tenzing) et traversé le Pôle Sud en 1958. Nombreux sont les explorateurs qui ont réussi à atteindre le pôle avant lui, mais aucun n’est parvenu à faire le chemin du retour (les plus célèbres Roald Amundsen et Robert Scott sont morts en 1911 en tentant de réaliser cet exploit). Les explorateurs de l’Antarctique venus de l’hémisphère nord ont effectué leur dernière halte à Christchurch sur l’île sud de la Nouvelle-Zélande avant de partir pour le Pôle. En général dans les annales, on se souvient du premier arrivé au sommet au détriment des personnes qui y ont échoué tout près du but. En 1952, des alpinistes français et suisses ont presque réussi l’ascension de l’Everest — des théories affirment qu’ils ont effectivement réussi mais ont péri dans la descente. Jean- Christophe Norman est fasciné par ces histoires de quêtes et particulièrement par leur dimension cartographique. Les cartes sont essentiellement une projection ou une « prédiction » d’un aménagement spatial et sont confirmées sur le terrain. Les côtes sont cartographiées depuis les navires et les limites intérieures restent un terra nullius (territoire sans maître) tant que personne n’y a marché. (La carte parfaite est celle décrite par Jorge Luis Borges puis, à son tour, par Umberto Eco, qui est superposée à une échelle 1:1 sur la surface de la Terre — un exercice de graphomanie mégalomaniaque équivalent à la mesure des explorateurs et des alpinistes). En abandonnant l’escalade et en poursuivant une lecture historique sur ce sujet, Jean-Christophe Norman a pu retracer les contours physiques de nombreuses cartes — s’assurant que son existence rend la ville de Vilnius réelle — et débattre sur les dimensions romantiques et réelles de l’alpinisme et de l’exploration avec des personnes comme l’auteur de ce texte.
PARING THE APPLE
vendredi 29 janvier 2016
Fertile Lands
Fertile Lands
Fertile Lands esquisse une réflexion sur la liberté des artistes, la capacité à s’inventer un terrain propice aux expérimentations, ouvert s’il en est, aux forces extérieures. De par sa confrontation au territoire, l’œuvre s’imprègne de sa force volcanique, de son caractère mouvant et transitoire. Dans les années 60, Robert Smithson, Walter de Maria, Michael Heizer ont été parmi les premiers à déplacer l’énergie du croire en des lieux et des objets dépréciés. Qu’en est-il aujourd’hui où « peu à peu, la croyance s’est polluée comme l’air ou l’eau », où « cette énergie motrice, toujours résistante mais traitable, vient à manquer »1 ?
Placée sous les auspices du film East Coast, West Coast2 dans lequel Robert Smithson, en artiste californien rêveur, fantasque, fait face à une galeriste new yorkaise sceptique - incarnée par Nancy Holt -, l’exposition renvoie aux conditions préalables pour penser l’impensable. Fertile Lands ose parler d’intimité créatrice, de spiritualité, d’aventure artistique et esthétique qui ont permis dans les années 60 l’émergence de projets hors-normes dans leur relation au temps, à l’espace et à l’expérimentation.
Les œuvres présentées à la Fondation d’entreprise Ricard sont le reflet d’une pensée en mouvement, oscillant entre deux pôles de l’expérience ; le voir et le faire. Fixité des indices et circulation de l’image médiatique. Une nouvelle génération d’artistes de l’ère Post-Internet entoure l’œuvre de tout un appareil circonstancié nécessaire à l’appréciation d’un art désormais en libre accès dont les contours ne cessent de se redéfinir selon ses formats de diffusion (galeries, musées, Internet, édition). Sur ce modèle, l’exposition en appelle à une position toujours plus excentrée face à la profusion entropique des informations. Et soudain, se cristallise le « rêve de pierre : « rêve » par la liberté qu’il exige, l’inconnu, l’audace, le risque, le fantasme, « de pierre », par sa consistance ferme, solide, minérale qui s’obtient à force de travail »3 et de ferveur.
Alexandra Fau, novembre 2015.
1-Michel de Certeau, L'Invention du quotidien, 1. : Arts de faire, éd. établie et présentée par Luce Giard, Paris, Gallimard, 1990 (1re éd. 1980).
2-East Coast, West Coast, Nancy Holt et Robert Smithson, 1969. Vidéo 22 min, noir et blanc, son.
3-Jean-Philippe Toussaint, L’urgence et la patience, Editions de Minuit, 2012.
Fertile Lands esquisse une réflexion sur la liberté des artistes, la capacité à s’inventer un terrain propice aux expérimentations, ouvert s’il en est, aux forces extérieures. De par sa confrontation au territoire, l’œuvre s’imprègne de sa force volcanique, de son caractère mouvant et transitoire. Dans les années 60, Robert Smithson, Walter de Maria, Michael Heizer ont été parmi les premiers à déplacer l’énergie du croire en des lieux et des objets dépréciés. Qu’en est-il aujourd’hui où « peu à peu, la croyance s’est polluée comme l’air ou l’eau », où « cette énergie motrice, toujours résistante mais traitable, vient à manquer »1 ?
Placée sous les auspices du film East Coast, West Coast2 dans lequel Robert Smithson, en artiste californien rêveur, fantasque, fait face à une galeriste new yorkaise sceptique - incarnée par Nancy Holt -, l’exposition renvoie aux conditions préalables pour penser l’impensable. Fertile Lands ose parler d’intimité créatrice, de spiritualité, d’aventure artistique et esthétique qui ont permis dans les années 60 l’émergence de projets hors-normes dans leur relation au temps, à l’espace et à l’expérimentation.
Les œuvres présentées à la Fondation d’entreprise Ricard sont le reflet d’une pensée en mouvement, oscillant entre deux pôles de l’expérience ; le voir et le faire. Fixité des indices et circulation de l’image médiatique. Une nouvelle génération d’artistes de l’ère Post-Internet entoure l’œuvre de tout un appareil circonstancié nécessaire à l’appréciation d’un art désormais en libre accès dont les contours ne cessent de se redéfinir selon ses formats de diffusion (galeries, musées, Internet, édition). Sur ce modèle, l’exposition en appelle à une position toujours plus excentrée face à la profusion entropique des informations. Et soudain, se cristallise le « rêve de pierre : « rêve » par la liberté qu’il exige, l’inconnu, l’audace, le risque, le fantasme, « de pierre », par sa consistance ferme, solide, minérale qui s’obtient à force de travail »3 et de ferveur.
Alexandra Fau, novembre 2015.
1-Michel de Certeau, L'Invention du quotidien, 1. : Arts de faire, éd. établie et présentée par Luce Giard, Paris, Gallimard, 1990 (1re éd. 1980).
2-East Coast, West Coast, Nancy Holt et Robert Smithson, 1969. Vidéo 22 min, noir et blanc, son.
3-Jean-Philippe Toussaint, L’urgence et la patience, Editions de Minuit, 2012.
Noémie Goudal
Noémie Goudal crée des sculptures photographiques ambigües, par imposition, dans un
paysage naturel, de structures en papier fabriquées de toutes pièces.
Ces éléments architecturaux (escaliers, dômes, tours…) ou cosmiques
(ellipses…), sont placés dans des océans vierges ou des étendues
désertes. En s’attardant sur ces formes oniriques, le regard décèle
aisément la trace d’artifices (plis, imperfections, cordes, câbles,…)
caractéristiques d’objets en deux dimensions conçus pour l’unique
finalité de la photographie.
Noémie Goudal explore le ciel comme un espace de re-création où l’imaginaire humain
s’étend à l’infini, comme un cinquième corps fait d’éther (ou cinquième
élément). Son œuvre se nourrit du regard interrogateur de l’homme sur
l’univers. À la fois images et objets, les montages de Noémie Goudal
se jouent de ces spéculations. Brouillant à dessein nos repères, ils
oscillent entre hallucination et fait, miroirs de nos vies modernes où
s’exercent simultanément d’insaisissables et contradictoires régimes de
vérité.
paysage naturel, de structures en papier fabriquées de toutes pièces.
Ces éléments architecturaux (escaliers, dômes, tours…) ou cosmiques
(ellipses…), sont placés dans des océans vierges ou des étendues
désertes. En s’attardant sur ces formes oniriques, le regard décèle
aisément la trace d’artifices (plis, imperfections, cordes, câbles,…)
caractéristiques d’objets en deux dimensions conçus pour l’unique
finalité de la photographie.
Noémie Goudal explore le ciel comme un espace de re-création où l’imaginaire humain
s’étend à l’infini, comme un cinquième corps fait d’éther (ou cinquième
élément). Son œuvre se nourrit du regard interrogateur de l’homme sur
l’univers. À la fois images et objets, les montages de Noémie Goudal
se jouent de ces spéculations. Brouillant à dessein nos repères, ils
oscillent entre hallucination et fait, miroirs de nos vies modernes où
s’exercent simultanément d’insaisissables et contradictoires régimes de
vérité.
vendredi 27 novembre 2015
Kyle Mc Donald
« Suivre le travail de Kyle Mc Donald (@kcimc) artiste américain qui joue avec le code pour hacker nos vies, dont le désopilant Exhausting a crowd d’après Georges Perec, ou Conversnitch (une fausse lampe qui capte toutes les conversations et les envoient sur Amazon Mechancial Turk où des humains payés à la pièce les publient sur Twitter) ou la bluffante vidéo prise avant hier à Amsterdam ou les images sont décrites en temps réel par un couplage avec un réseau neural. »
Dans les années 50, les situationnistes ont développé une réflexion sur la question urbaine, par l’intermédiaire de la psychogéographie notamment. Leurs descriptions de l’espace urbain dénonçaient un espace perçu comme ennuyeux. Leur projet était de refonder la ville afin de créer des ambiances inédites permettant la construction de situations, c’est-à-dire des moments de vie à la fois singuliers et éphémères.
En octobre 1974, Georges Perec tente de prendre note de tout ce qu’il voit sur la place Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement de Paris, pendant trois jours d’affilée et à différents moments de la journée. Il en établit ainsi dans Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, un inventaire de la vie quotidienne, sa monotonie, mais aussi les variations infimes du temps, de la lumière, du décor, du vivant.
Blog LIMINAIRE
Dans les années 50, les situationnistes ont développé une réflexion sur la question urbaine, par l’intermédiaire de la psychogéographie notamment. Leurs descriptions de l’espace urbain dénonçaient un espace perçu comme ennuyeux. Leur projet était de refonder la ville afin de créer des ambiances inédites permettant la construction de situations, c’est-à-dire des moments de vie à la fois singuliers et éphémères.
En octobre 1974, Georges Perec tente de prendre note de tout ce qu’il voit sur la place Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement de Paris, pendant trois jours d’affilée et à différents moments de la journée. Il en établit ainsi dans Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, un inventaire de la vie quotidienne, sa monotonie, mais aussi les variations infimes du temps, de la lumière, du décor, du vivant.
Blog LIMINAIRE
jeudi 5 novembre 2015
numéro 51 de la revue TK-21
Dans le projet “The Place to be”, Julie Chovin collectionne un tout
autre type d'objets : les clubs de Berlin vus de jour. Étienne Diemert
lui a consacré un texte dans le numéro 51 de la revue TK-21 emmenée par
Jean-Louis Poitevin.
http://www.tk-21.com/TK-21-LaRevue-no-51#The-Place-to-be-a-collection
http://www.tk-21.com/TK-21-LaRevue-no-51#The-Place-to-be-a-collection
dimanche 25 octobre 2015
Prix Marcel-Duchamp 2015 attribué samedi à Melik Ohanian,
L’artiste invente une œuvre dont l’ambition est de prendre le monde comme sujet et d’affirmer que le temps est le moteur des choses. Construite comme une suite d’états de conscience, l’œuvre puissamment allégorique de Melik Ohanian regarde le monde à travers le filtre de la mémoire » a déclaré le Président du jury.
mardi 1 septembre 2015
France(s) territoire liquide - Mission photographique
"...un questionnement photographique, cherchant à donner forme aux paysages d’aujourd’hui à travers une profusion d’images, témoignant tant de la multiplicité des points de vues que de l’insistance du regard."
Blog Territoire des images-Carnet de recherches visuelles, par Raphaële Bertho-Paysage(s) en éclats
mardi 28 juillet 2015
Hamish Fulton
"Concernant la photographie, Fulton fait preuve de la même exigence de
précision qu’il met en œuvre dans sa peinture : ses photos sont très
strictement cadrées et font toujours état de la même rigueur
d’exécution. Chaque cliché doit témoigner de la plénitude que l’on est
censé ressentir face au paysage. La « cinéplastique »
à l’œuvre chez Fulton n’a rien à voir avec celle de ces artistes
arpenteurs de la mégalopole, les Orozco, Alÿs et autres Stalker, il est
même patent que la marche fultonnienne s’éloigne en tous points de la
tendance dominante à investir les situations urbaines. Sa pratique puise
ses origines dans les années soixante et soixante-dix et porte les
stigmates d’une nature encore idéalisée ; il ne semble absolument pas en
phase avec le rythme saccadé de la ville, ses ruptures, ses blancs, ses
accélérations qui fondent l’amour que les situationnistes portent à la
ville, lieu de la dérive, dont la seule traduction possible ne peut se
trouver que dans le montage cinématographique ; à preuve, la marche
qu’il réalise entre le point zéro et le mètre étalon en 2010 est la
répétition sept fois du même trajet entre ces deux pôles, symboles d’une
abstraction enfouie, pour le moins désuète à l’heure du GPS. Tout
témoigne chez l’artiste de la recherche d’une sérénité intérieure, d’un
calme et d’une quiétude qu’il ne saurait trouver dans les à-coups de la
grande ville mais bien dans le refuge des cimes des Pyrénées ou de
l’Himalaya, aussi il semble assez naturel que l’expérience fultonnienne
du monde s’incarne dans les médiums de la recherche d’un temps
stabilisé, ceux de la peinture et de la photographie."
l’interview d’Hamish Fulton par Patrice Joly dans la revue 02
l’interview d’Hamish Fulton par Patrice Joly dans la revue 02
lundi 20 juillet 2015
WalkScapes, c koi ? par DéMarches
Penser avec ses pieds
Le walkscape est un nouveau type d’art qui s’inscrit dans un monde flou, en mutation perpétuelle, où l’entropie atteint des niveaux jamais égalés. Réponse mobile, agile, narrative, le walkscape est basée sur la marche, activité sensible dans une situation de consommation d’images hypertrophiée et inflationniste.
Marcher c’est créer, lire/écrire le territoire en même temps, le walkscape est une activité pluridimensionnelle et simultanée, à la fois action, ligne, et récit.
Initié par le mouvement Dada dans les années 20, repris et développé par les surréalistes qui en font un instrument de lecture de l’inconscient des villes, politisé ensuite par les situationnistes et introduit dans le monde de l’art par un ensemble d’artistes américains issus du Land Art tels Tony Smith, Richard Long ou Robert Smithson, le walkscape s’attache à un paysage inédit, donné par une ville en rotation accélérée, pleine de vides et d’interstices . Le walkscape, au pouvoir révélateur sur la nouvelle cité liquide, archipel mouvant parsemé d’îles sédentaires et de courants souterrains, devient un instrument politique pour un collectif comme Stalker.La marche devient une pratique esthétique ouverte sur la banlieue du monde, territoire sans représentation, territoire de l’oublii, lieu du déchet et du vide, espace sans qualité, sans codes, d’où le pouvoir est absent, où donc la liberté peut se déployer sans obstacles, poser de nouvelles questions, trouver de nouvelles réponses.
Marcher dans les nouveaux paysages entropiques, parcourir la nouvelle nature qui émerge entre les vides, fouler la basse densité, le diffus, l’indéfini, visiter les marges en mutation, interroger les amnésies urbaines, la ville parallèle, le walkscaper devient le nouvel entropologue cher à Lévi-Strauss, les deux pieds dans la zone mutante, pieds nus dans le chaos comme le dit si bien Francesco Careri.
Le walkscape permet de penser et de voir avec ses pieds dans un désordre exponentiel, de revenir à une expérience essentielle du monde physique et d’en partager les récits, la marche devient l’instrument de connaissance privilégié de la ville-labyrinthe, l’errance est la valeur de ce nouveau monde contemporain de l’ambiguité et de l’hybridation accélérée.
Le walkscape est aussi une tresse narrative dans laquelle viennent s’imbriquer différents types de récits : écritures photographiques, sonores, journalistiques, figuratives ou abstraites, documentations, mythes… dont les modalités d’expressions peuvent être aussi variées que l’état mouvant des paysages qu’elle dessine, fabrique de mémoire dans un principe d’incertitude généralisé : le parcours est aussi une structure narrative.
Le walkscape est une œuvre ouverte, protéiforme, multi-dimensionnelle, interactive, jamais terminée à l’image des territoires et du monde qu’elle décrit, un laboratoire permanent où s’écrit la science du flou.
DéMarches
mardi 10 mars 2015
La Revue Ornata
Merci à Valérie et à Sophie pour ce beau projet et de pouvoir participer
au numéro Un de la Revue Ornata de Eurydema Ornata Editions! http://www.eurydemaornataeditions.com/
mardi 15 avril 2014
Pontificall Girls & Beuys et Déçue par les humains jamais par mon chien de Katia Feltrin
Vernissage le 4 avril à L'Atelier des Vertus de l'exposition des Pontificall Girls & Beuys et de Katia Feltrin, Déçue par les humains jamais par mon chien.
Performance 1er Pontifex.
Voir plus
Performance 1er Pontifex.
vendredi 20 septembre 2013
mardi 10 septembre 2013
Agnès Vannouvong à la librairie Les Mots à la Bouche
Quelques images prises à l'occasion de la signature de son premier roman Après l'amour, paru au Mercure de France, le 6 septembre à la librairie Les Mots à la Bouche.
agnesvannouvong.com
Voir plus
agnesvannouvong.com
Voir plus
vendredi 5 avril 2013
Les Pontificall Beuys - Espace Poule Emploi Cui Cui
Dimanche 24 mars 2013
Avec Corpus in Act et l'Atelier des Vertus, dans le cadre de Karma Chroma
Live avec Bertrand Kelle et DBTS.
CORPS COL LECTIF, SKYLAB. 17 rue de la Chapelle 75018 Paris
Performance avec Les Pontificall Beuys : Zabou Samaké, Isabelle Fabre, Katia Feltrin.
plus d'images
Retrouvez leur page Facebook : Les Pontificall Beuys
lundi 2 janvier 2012
Bonne Année 2012 !
mardi 23 août 2011
dimanche 6 mars 2011
La Compagnie des Jeunes Talents - Junior Ballet du Conservatoire National Supérieur de Paris - saison 2010-2011
![]() |
| Noces-Angelin Preljocaj |
Chorégraphies de : Angelin Preljocaj - Noces, Yuval Pick - The Him, Christopher Hampson - Cinq Regards, Jiri Kylian - Evening Songs
Directeur artistique : Daniel Agésilas,
Maître de ballet classique : Céline Talon,
Maître de ballet contemporain : Silvia Bidegain
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